BALADE À PRÉVILLE

Petite halte à Préville, pour Hazard & Carotte, avant de rencontrer Gari Zoher. 

L'équipe d' UJAP se pose pour redécouvrir l'élevage de Jacques Bonnier, en toute liberté...


Un périple qui semblait compromis et qui a pu se réaliser grâce au concours de la voiture d'Aurélien et du van de Robin.

UJAP est heureusement bien entouré, merci les potos !...

Alicia et Alan nous ont accompagnés.

Aujourd'hui ils savent ce qu'est un cheval libre.

Nous avons marché, marché, marché, sous un soleil de plomb, à travers les étendues d'herbes folles à la recherche des groupes de jeunes chevaux, Zazie n'en pouvait plus


Nous nous sommes tous cru ce jour là dans Daktari, comme des gamins nous sommes repartis avec une seule envie... revenir !...

à suivre




Voici un étalon. 
Un vrai. 
Pas un petit cheval à sa mémère avec une petite paire de coucougnettes que Madame appelle étalon parce que c'est marqué sur ses papiers et parce que ça la fait bisquer, la dame. Ni un petit branleur qui fait des effets de crinière mais qui se fait renvoyer dans ses buts par la ponette du coin. 
Non. 
Lui, il a 25 juments dans son lot. Il vit en totale liberté avec. 
Et il décide. 
Quand il décide que non, les juments n'iront pas dans ce pré-là, poussées par 3 hommes dans un gros pick-up, il les tient. Et nos trois bonshommes ont beau taper sur les portes pour affoler le troupeau, l'étalon ramène poulinières et poulains là où il l'a décidé. 
Et il garde son troupeau dans le pré qu'il a choisi. 
Mais cet étalon là n'est pas n'importe qui. Il a eu une vie, une carrière. 
Je m'approche, je le licole, il me regarde, m'observe, et me laisse le sortir du troupeau sans broncher. Sans piaffer, sans hennir. Il regarde son troupeau qui s'éloigne du coin de l'oeil mais suit fièrement la femme un peu tremblante qui l'emmène. Car je suis impressionnée. Je viens de le voir dire non à des humains, et gagner. Je l'ai vu se battre contre un pick-up, et gagner. 
Et je n'ai qu'une ficelle à ballot pour le tenir.
Je le rentre au box, le temps pour les autres humains de déplacer le troupeau. 
Là, l'étalon tressaille. Je l'ai attaché dans le box, à une ficelle. J'ai peur qu'il saute la porte du box. Qu'il me bouscule, ou me piétine. L'étalon a un regard. Et l'étalon a un catalogue. Accroché au bout de sa ficelle à ballot, qui pendouille, il me sort piaffés et levades, parfaits. Calme. Il travaille. Pour que je lui rende sa liberté. 
Je suis bouche bée. J'assiste avec lui à un spectacle unique, entre le cheval sauvage dehors et le maître à l'intérieur. 
Il est temps de le laisser repartir. Je n'ose pas le ramener dans le pré et lui enlever le licol, j'ai peur qu'il m'arrache tout. Alors je le détache dans le box, je sors du box comme une bombe et je me retourne. La porte est grande ouverte. Le troupeau est dans le pré d'en face. Et l'étalon devant l'entrée, attend. Il attend que je lui donne l'autorisation. 
Je claque la langue et il part au tout petit galop, passe la porte du pré et redevient cet étalon sauvage et hennissant. 
Je comprends pourquoi l'éleveur l'a choisi. 
Cet hiver, cet étalon sera mon maître d'école. Il m'apprendra la grandeur d'âme. Cet étalon qui a combattu les taureaux sous la selle des plus grands deviendra le cheval à sa mémère. Pour quelques mois très courts, avant de redevenir le maître des lieux. 
UFANO.

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